Una llengua sense fronteres : 262 municipalités catalanes du Nord et du Sud remettent leurs motions au Parlement de Catalogne


L’acte solennel de la campagne « Une langue sans frontières » s’est déroulé le vendredi 30 janvier 2026 au Parlement de Catalogne, où 50 municipalités, représentées par une centaine de maires et de conseillers municipaux, ont remis officiellement les motions approuvées à ce jour par 263 municipalités de Catalogne Nord et de Catalogne Sud. Les Angelets de la Terra, association culturelle autofinancée de Catalogne Nord, ont organisé cet événement qui marque une étape historique dans la reconstruction des liens naturels entre les territoires catalans, dans le cadre européen.Jamais autant d’élus des deux côtés de la frontière ne s’étaient retrouvés pour un acte politique dans l’hémicycle, redevenu symboliquement le Parlement de tous les Catalans. Un acte politique historique Le maire d’Eus (Conflent) a remis les motions approuvées par 108 municipalités de Catalogne Nord, sur les 198 que compte le département (les 28 autres étant occitanes).Il a confié sont souhait de voir un jour « la Catalogne réunifiée », tout en rappelant, avec le Président Rull, la nécessité de « demander l’impossible pour rendre possible ce qui peut l’être », citant l’exemple de l’hôpital transfrontalier de Puigcerdà, devenu réalité grâce à la persévérance de quelques élus. Le maire de Bàscara, qui a remis les motions de Catalogne Sud au président du Parlement, a également insisté sur l’importance de développer les échanges humains et culturels entre les habitants du Nord et du Sud de l’Albère (et non les Albères). En soulignant que ces territoires sont unis par une même langue, le catalan, qui doit redevenir un pont naturel et quotidien.   Une invitation à toutes les municipalités et aux entreprises catalanes Depuis le Parlement, les Angelets de la Terra ont invité toutes les municipalités catalanes, du nord comme du sud, à continuer d’approuver la motion : Pour soutenir la reconnaissance du catalan comme langue officielle de l’Union européenne, Et pour affirmer une volonté commune de développer les relations entre Catalogne Nord et Catalogne Sud, au-delà des divisions issues de l’histoire. Les Angelets de la Terra remercient chaleureusement le président Josep Rull pour son accueil et soulignent le caractère fondateur de cette rencontre. « Il s’agit du début d’une nouvelle dynamique sans frontières, collective et durable », souligne Ramon Faura, coordinateur du projet.   Les organisateurs donnent rendez-vous aux élus, aux institutions et aux entreprises pour la 7e Trobada sense Fronteres de municipis catalans, qui aura lieu au printemps à la Chambre de commerce et d’industrie des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. À cette occasion, les Angelets inviteront également la Chambre de commerce transfrontalière du Pays Basque, fondée en 2010, dans l’espoir que les Catalans suivent cet exemple et développent une coopération économique cohérente avec la réalité du territoire et où chacun devra y trouver un bénéfice. « Si les Basques l’ont fait de l’autre côté des Pyrénées, alors qu’ils ont eux aussi une législation et une fiscalités, pourquoi pas les Catalans », argumente Ramon Faura, également chef d’entreprise. « Il est temps de soigner les cicatrices de l’histoire que sont les frontières et d’écrire une nouvelle page pour construire un avenir commun catalan, fort, avec une amélioration de la qualité de vie des citoyens européens et catalans ».

Vers un catalanisme 2.0 rassembleur et sans frontières

Le catalanisme ne se limite pas à la défense d’une langue ou d’une identité : c’est aussi la construction, à travers elles, d’une communauté de destin la plus large possible autour de ce qui nous rassemble. C’est chercher à favoriser le bien-être de toutes les personnes ayant un lien affectif avec la Catalogne, en les réunissant autour d’un projet commun. C’est expliquer clairement en quoi consiste ce projet et pourquoi il est essentiel de le fonder sur le partage d’une identité, d’une culture et d’une langue séculaires, ancrées dans un territoire qui dépasse les frontières étatiques et s’inscrit dans une Europe transfrontalière — comme chez les Basques ou les Alsaciens.

Le catalanisme est donc un projet politique à part entière, un outil de cohésion sociale utile et nécessaire. Pour pouvoir l’expliquer, il faut d’abord l’avoir compris, analysé et pensé avec lucidité et pragmatisme. Le chemin est complexe, d’autant qu’il n’est pas simple de s’épanouir en tant que Catalan dans deux États qui n’ont jamais pleinement respecté cette identité et l’ont même souvent réprimée. Aujourd’hui encore, une partie de la propagande espagnole cherche à accréditer l’idée que les Catalans maltraiteraient les Espagnols et leur langue, alimentant ainsi l’incompréhension et parfois la haine.

En Catalogne Nord, certains doivent comprendre que la langue catalane est indissociable de l’identité et de la culture. Même si l’on a grandi dans un contexte où le catalan a été affaibli, il n’est jamais trop tard pour retrouver cette identité dans sa totalité et refuser d’être réduit à un simple « folklore de carte postale pour touristes », même si cela demande des efforts. C’est un processus individuel exigeant, mais profondément gratifiant et structurant. Cela passe par la reconstruction de liens personnels ou collectifs avec la Catalogne Sud. Il est anormal que, pour un Roussillonnais, Girona ou Barcelona paraissent plus éloignées que Paris. Les politiques publiques doivent favoriser ce processus.

En Catalogne Sud, il est tout aussi essentiel de comprendre qu’une Catalogne qui se veut plus qu’une simple région administrative espagnole ne peut se permettre d’exclure la Catalogne Nord en dénigrant les Nord-Catalans sous prétexte qu’ils ont perdu la langue, et avec elle une part importante de leur identité. La Catalogne Nord n’est pas une terre vide ou une terre promise : des Catalans y vivent déjà, même s’ils ne ressemblent pas exactement aux Catalans du Sud. Ne pas reconnaître mutuellement notre catalanité dans sa diversité est destructeur. C'est reproduire entre Catalans ce que les uns et les autres subissons depuis des années. C’est contraire à l’idée même d’une communauté ouverte, solidaire, consciente de son histoire et capable de dépasser les frontières des États-nations. Cela empêche de se retrouver, donc de créer à nouveau des ponts et d’avancer ensemble. Et pour cela, il n'est pas nécessaire d'attendre l’indépendance de la Catalogne Sud : seule est nécessaire la volonté de se rencontrer, de se comprendre et de développer des projets communs. Regardons ce que créent les basques ou les Alsaciens: équivalent de communautés de communes transfrontalières, chambre de commerce transfrontalières, écoles transfrontalières...

Nous devons aprendre à nous connaître et effacer la frontière mentale : de nombreux Catalans du Sud oublient ou méconnaissent le fait que les Nord-Catalans ont subi une réalité sociolinguistique et économique très différente depuis plus de trois siècles et demi, et inversement. Dans un premier temps, la langue y a été affaiblie non par rejet interne, mais par des politiques d’assimilation profondes menées sur plusieurs générations. Le résultat n’est pas une perte volontaire : c’est une blessure dûe à l'histore. Et l’on ne guérit pas une blessure en la niant ou en la transformant en reproche. Cela demande du temps. Comme on peut le constater, plus de trente ans après le traité de Schengen, nous avons pour seul projet transfrontalier d’envergure l’hôpital de Puigcerdà. Il faut s'activer maintenant en s'inspirant de ce qu'on construit d'autres territoires sans États, équivalents à la Catalogne.

Si le catalanisme veut devenir un projet politique solide et crédible, il doit intégrer le respect mutuel et la compréhension des parcours différenciés de chaque côté de la frontière. On ne peut pas défendre la Catalogne sans défendre tous les Catalans — du Nord comme du Sud, catalanophones comme non catalanophones, d’origine comme nouveaux Catalans. Ce qui compte, c’est la volonté de participer à une communauté culturelle et politique commune, de reconstruire ensemble ce qui a été fragmenté. Cela ne signifie pas s’opposer à la France ou à l’Espagne, ni rompre les liens avec le reste de l’Europe ; bien au contraire, c’est une ouverture vers le continent, un nécessaire décloisonnement — en particulier pour les Nord-Catalans, constamment oubliés par l’État français, et pour les Sud-Catalans, qui aimeraient être davantage qu’une simple région d’Espagne.

L’avenir du catalanisme, et donc de la Catalogne, dépend de cette capacité à rassembler plutôt qu’à diviser. Nous devons dépasser les caricatures : le Nord-Catalan qui aurait « renoncé » à la langue, ou le Sud-Catalan « donneur de leçons ». Ces représentations ne servent ni la langue, ni l’identité, ni le peuple catalan dans son ensemble.

L’enjeu est plus profond : comprendre que la langue catalane n’est pas seulement un moyen de communication, mais l’un des principaux vecteurs d’un projet collectif. Elle porte une manière de comprendre le monde, une forme de solidarité, un rapport au territoire. Contrairement à ce qu’on vous a fait croire: « être Catalan, c’est être citoyen du monde » tout autant que les autres identités. Chacun peut d'ailleurs revendiquer plusieurs identités: celle de sa mère, de son père, celle de l'endroit où on est né, de l'endroit où on s'est installé, etc. En revanche, renier sa propre identité — celle de ses ancêtres ou de ceux qui ont façonné ce territoire depuis mille ans — c’est se retrouver bloqué dans le temps et l’espace, laisser un vide intérieur. Défendre le droit des Tibétains, des Palestiniens ou des Kurdes à exister en tant que peuple et refuser se droit aux Catalans c'est de l'incohérence, voir de la mauvaise foi absolue.

Les Nord-Catalans peuvent aujourd’hui retrouver cette dimension de citoyenneté catalane (qui peut s'ajouter à la citoyenneté française) en assumant leur histoire et en construisant un catalanisme plus inclusif, plus généreux, plus ambitieux que celui qui a trop longtemps été confisqué par un microcosme — ce que certains appellent, parfois avec raison, la « secte catalaniste ». Nous n’analyserons pas ici les dégâts causés par ceux que l’on pourrait qualifier de « catalanistes alimentaires », qui ont défendent un monopole du catalanisme au service d’intérêts personnels. Un renouveau est toutefois visible, avec les Angelets de la Terra et les nombreux artistes, élus et acteurs économiques qui soutiennent et participent aux projets qu'ils proposent. Les Angelets n’ont rien inventé : ils sont simplement l’étincelle qui fissure des digues mises en place par ces mêmes catalanistes, parfois de façon inconsciente.

Le catalanisme doit être expliqué non comme une nostalgie ou un héritage poussiéreux, mais comme une voie d’avenir. Un modèle où l’identité culturelle et linguistique devient un outil pour construire des projets qui amélioreront la vie de la communauté, renforceront les liens sociaux, dynamiseront l’éducation, l’économie, la création artistique, la participation citoyenne, et effaceront les frontières cicatrices de l'histoire — cicatrices de l’histoire — dans une Europe plus démocratiques, des peuples et des régions solidaires, que nous devons construire ensemble plutôt que de revenir en arrière, en se fermant sur soi-même. Il ne s’agit pas de copier le Sud ni de remplacer Paris par Barcelona. Il s’agit de s’émanciper, de se prendre en main et de construire un projet ambitieux et transfrontalier.

Construire ensemble une Catalogne qui reconnaît toutes ses composantes, c’est affirmer que tout le monde est pris en compte : Catalans du Nord ou du Sud, d’origine ou d’adoption, catalanophones ou désirant apprendre la langue et la défendre. C’est faire du catalanisme un projet attractif pour notre jeunesse : un projet où l’identité n’est pas un mur, mais un pont — une porte des Pays Catalans ouverte vers l’Occitanie culturelle et vers toutes les autres identités de France, d’Espagne et d’Europe qui constituent notre patrimoine commun. C’est notre richesse et notre force pour résister et exister dans un monde de plus en plus uniformisé, de plus en plus exposé aux conflits. Avoir des racines — ou s’en construire — c’est être plus solide, plus ancré individuellement et collectivement. Et c’est exactement ce dont ont besoin les générations futures: avoir des repères pour se construire sur quelque chose. Faire table rase de ce que nous ont transmis nos parents et grands-parents est un danger pour l'avenir. 

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