Una llengua sense fronteres : 265 municipalités catalanes du Nord et du Sud remettent leurs motions au Parlement de Catalogne


L’acte solennel de la campagne « Une langue sans frontières » s’est déroulé le vendredi 30 janvier 2026 au Parlement de Catalogne, où 50 municipalités, représentées par une centaine de maires et de conseillers municipaux, ont remis officiellement les motions approuvées à ce jour par 265 municipalités de Catalogne Nord et de Catalogne Sud. Les Angelets de la Terra, association culturelle autofinancée de Catalogne Nord, ont organisé cet événement qui marque une étape historique dans la reconstruction des liens naturels entre les territoires catalans, dans le cadre européen.Jamais autant d’élus des deux côtés de la frontière ne s’étaient retrouvés pour un acte politique dans l’hémicycle, redevenu symboliquement le Parlement de tous les Catalans. Un acte politique historique Le maire d’Eus (Conflent) a remis les motions approuvées par 108 municipalités de Catalogne Nord, sur les 198 que compte le département (les 28 autres étant occitanes).Il a confié sont souhait de voir un jour « la Catalogne réunifiée », tout en rappelant, avec le Président Rull, la nécessité de « demander l’impossible pour rendre possible ce qui peut l’être », citant l’exemple de l’hôpital transfrontalier de Puigcerdà, devenu réalité grâce à la persévérance de quelques élus. Le maire de Bàscara, qui a remis les motions de Catalogne Sud au président du Parlement, a également insisté sur l’importance de développer les échanges humains et culturels entre les habitants du Nord et du Sud de l’Albère (et non les Albères). En soulignant que ces territoires sont unis par une même langue, le catalan, qui doit redevenir un pont naturel et quotidien.   Une invitation à toutes les municipalités et aux entreprises catalanes Depuis le Parlement, les Angelets de la Terra ont invité toutes les municipalités catalanes, du nord comme du sud, à continuer d’approuver la motion : Pour soutenir la reconnaissance du catalan comme langue officielle de l’Union européenne, Et pour affirmer une volonté commune de développer les relations entre Catalogne Nord et Catalogne Sud, au-delà des divisions issues de l’histoire. Les Angelets de la Terra remercient chaleureusement le président Josep Rull pour son accueil et soulignent le caractère fondateur de cette rencontre. « Il s’agit du début d’une nouvelle dynamique sans frontières, collective et durable », souligne Ramon Faura, coordinateur du projet.   Les organisateurs donnent rendez-vous aux élus, aux institutions et aux entreprises pour la 7e Trobada sense Fronteres de municipis catalans, qui aura lieu au printemps à la Chambre de commerce et d’industrie des Pyrénées-Orientales, à Perpignan. À cette occasion, les Angelets inviteront également la Chambre de commerce transfrontalière du Pays Basque, fondée en 2010, dans l’espoir que les Catalans suivent cet exemple et développent une coopération économique cohérente avec la réalité du territoire et où chacun devra y trouver un bénéfice. « Si les Basques l’ont fait de l’autre côté des Pyrénées, alors qu’ils ont eux aussi une législation et une fiscalités, pourquoi pas les Catalans », argumente Ramon Faura, également chef d’entreprise. « Il est temps de soigner les cicatrices de l’histoire que sont les frontières et d’écrire une nouvelle page pour construire un avenir commun catalan, fort, avec une amélioration de la qualité de vie des citoyens européens et catalans ».

Adrienne Cazeilles (1923-2021)

Né(e) à Camélas en 1923.

Adrienne Cazeilles était une ancienne institutrice.



Elle a publié aux éditions Trabucaire un ouvrage intitulé "Quand on avait tant de racines".

Écrit en 1977 en réaction face à un gigantesque incendie dans la région des Aspres dans le Roussillon, elle évoque son enfance et le monde et ses traditions qui ont disparu après le passage du feu. Elle a exprimé très tôt une sensibilité écologiste.

Elle fut également une active herboriste invétérée. Parce qu’elle a arpenté des décennies ses chères Aspres, du côté de Camélas, aucune plante n’avait de secret pour elle.

"Voyage autour de mon jardin", d'Adrienne Cazeilles a obtenu le prix Vendémiaire des Vendanges littéraires 2012.

« Voyage autour de mon jardin », d'Adrienne Cazeilles a obtenu le prix Vendémiaire des Vendanges littéraires 2012. Adrienne Cazeilles est née à Camélas dans les Aspres (Pyrénées-Orientales) en 1923. Elle est l'auteur de "Quand on avait tant de racines" paru en 1977 et réédité en 2003.

(Editions Trabucaire, 111 pages)

Le jardin d’Adrienne n’est qu’un petit bout de terre que le grand-père de son grand-père avait défriché bien avant la Révolution, « autour de quelques sources parcimonieuses », mais il est grand comme le monde. Ses murettes n’ont jamais empêché l’inlassable veilleuse d’atteindre à l’universel. « Voilà donc presque un siècle, dit-elle, que je vois défiler le monde autour de mon jardin ». D’ici, rien ne lui échappe. Elle constate, accuse, juge, dérange, regrette, sans jamais abandonner pourtant « la vertu de tolérance » qui, à ses yeux, dépasse « toutes les indignations, les colères et les refus ». En témoigne son «Voyage autour de mon jardin » qui, 35 ans après l’incendie qui ravagea les Aspres, montre que la source ayant jailli « quand on avait tant de racines » n’est toujours pas tarie. C’est dire l’émotion qui a saisi l’auditoire de la Médiathèque, à Thuir, lorsque, de sa belle voix d’institutrice catalane, Adrienne Cazeilles a prononcé ces simples paroles : « Ce livre est pour moi la fin du voyage. »

Fidèle à ses ancêtres mais loin de tout folklore et de tout passéisme, ayant trouvé des raisons d’espérer malgré tout dans les actions de Pierre Rabhi, pionnier de l’agriculture biologique, et Gilles Clément, créateur du « jardin planétaire », elle peut parcourir d’un pas tranquille le « bout de chemin » qui lui reste. Elle revendique modestement la part du colibri, l’oiseau de la légende africaine qui sans jamais se décourager puisait quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur un feu de forêt. « Je crois avoir fait ma part», dit-elle, en évoquant sa longue vie « au ras des pâquerettes, la tête dans les étoiles et les pieds dans la glaise, pour ne pas dire le fumier qui est devenu un gros mot. »

Dans le tintamarre médiatique des adorateurs de l’euro, orchestré par des dirigeants qui jouent les pompiers-pyromanes pour mieux conserver le pouvoir, la « conjugaison existentielle » d’Adrienne est plus que jamais d’actualité : « Avoir ou être, il faut choisir. » Elle, depuis toujours elle a choisi. C’est le fond de son livre et c’est la part qu’elle nous lègue. Un livre qui, tient-elle à préciser, « n’est pas une marchandise ». Elle l’a conçu comme un recueil de tous les cris d’alarme qu’elle pousse depuis des années.

Tout part du jardin, mais pas n’importe lequel, « un jardin pour se nourrir », c'est-à-dire, «un jardin du rien à jeter, tout à recycler. C’est aussi, souvent, le jardin du tout à partager, le jardin du cœur. » Et « c’est dans ce jardin, écrit-elle, que je me sens le mieux en accord avec la nature dans sa vérité millénaire ». Le contraire de ce que devient de plus en plus l’agriculture dont « le but n’est plus de nourrir les hommes mais de produire », si bien qu’Adrienne peut imaginer, « à la limite de l’absurde, une production en vase clos de la plantation à la destruction, en passant par le stockage sans que la consommation intervienne jamais. » A côté de cela, les cultures reculent devant les broussailles propices aux incendies et l’urbanisation qui assèche les nappes phréatiques. L’eau est sa grande préoccupation. Elle dénonce son gaspillage et sa confiscation par des groupes d’intérêt. «Mondialement, accuse-t-elle, la privatisation de l’eau au bénéfice d’une minorité est un crime contre l’humanité. »

Il y a là de quoi désespérer lorsqu’on songe aussi que l’homme moderne s’est employé à changer jusqu’au sens de la mort. « En traitant la mort comme une rupture, on déshumanise encore plus une vie qui transforme l’homme en objet que l’on déplace, ou que l’on casse et que l’on jette au gré de la conjoncture. » Ces pensées viennent à Adrienne devant la tombe de sa grand-mère qui lui a, « à sa façon, appris à placer la bonté et l’indulgence bien au-dessus de toute réussite sociale ou intellectuelle ». Dans ce petit cimetière, « la mort apparaît comme l’aboutissement dernier et nécessaire de la vie, le passage du « témoin » dans la course de relais qui se poursuit de génération en génération, donnant une cohérence à notre existence. »

Malgré les multiples dérives qu’elle relève, Adrienne qui, née en 1923, a connu le temps où « la valeur marchande n’était pas la valeur absolue », ne veut pas baisser les bras. Elle trouve sa force dans les échos qu’elle suscite. Elle croit à la vertu du grain de sable, au geste isolé du consommateur lucide pour bloquer l’énorme machine. La course effrénée vers le « toujours plus » n’est pas une fatalité si chacun de nous apporte sa part du colibri. Tel est le message d’une vieille dame indignée qui, en faisant l’éloge de la cruche et du panier, en célébrant le vin et l’olivier, en s’inquiétant de la disparition du thym et des papillons, nous transmet de surcroît avec simplicité, bon sens et quelques pincées de poésie son amour d’une terre « féconde qui a toujours récompensé ceux qui ont su la cultiver sans lui nuire, et continuera aussi longtemps que vivront en ce monde des jardiniers de l’esprit et du cœur. »

L’autre jour à Thuir, de simples mots portant le poids d’une vie, se sont gravés dans nos esprits : « Je n’ai jamais voulu mal faire ni faire mal. Ai-je réussi ? » La réponse tombe comme une évidence dans les pages de son livre. Merci Adrienne, de nous inviter à faire avec vous ce voyage.

Bernard Revel

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